(Zonebourse.com) - Alerte rouge sur l'obligataire, des résistance historiques de 15 ans, 17 ans, 19 ans sont en train d'exploser simultanément, les digues semblent rompues ce vendredi... car le miracle espéré n'est pas venu. Chaque fois que le "10 ans" US a flirté avec les 4,50%, créant un stress à Wall Street, Donald trump a fait une déclaration -vraie ou fausse, peu importe- qui faisait brusquement retomber la tension ("TACO" sur les droits de douane... à plusieurs reprises, annonces d'une réouverture imminente d'Ormuz, toutes démenties par les faits). Cette fois, pas de "deus ex-machina" pour sauver les marchés obligataires, et cela se produit le jour même da fin du mandat de Jerome Powell et de l'entrée en fonction de son successeur, Kevin Warsh, confirmé à la tête de la FED par une étroite majorité de parlementaires.
Après la publication de plusieurs indicateurs d'inflation très négatifs, mardi, mercredi puis jeudi, il fallait vraiment de bonnes nouvelles pour contrebalancer les risques de hausse de taux d'ici fin 2026 : l'éclaircie n'est pas non plus venue de la visite d'état de Donald Trump en Chine.
Lors de son voyage de retour, peu après avoir quitté Pékin dans "Air Force One", Donald Trump a affirmé avoir "conclu des accords commerciaux fantastiques, excellents pour les deux pays", sans en dévoiler les détails.
Le principal contrat, c'est une promesse d'achat de 200 Boeing (Wall Street en espérait 500), sans calendrier, sans précision sur les types d'appareils sélectionnés.
Le reste est banal, de l'ordre du "business as usual", pas besoin d'un "sommet de Pékin" pour signer des achats de soja et d'autres produits agricoles américains, ou de pétrole (les réserves stratégiques américaines qui chutent rapidement vont-elles permettre d'honorer ce genre d'engagement sur le long terme ?).
Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères chinois a rappelé en marge du sommet Etats-Unis-Chine que le conflit dans le Golfe Persique "n'aurait jamais dû se produire" (il entrera dans son 78ème jour ce samedi à minuit)
Pour détendre un peu l'atmosphère, alors la Chine et les Etats Unis ne semblent en définitive pas alignés sur grand chose, le président chinois a salué l'installation entre les deux superpuissances économiques concurrentes d'une nouvelle relation de "stabilité stratégique constructive".
Les marchés obligataires se retrouvent donc livrés ce vendredi à leur préoccupation la plus immédiate -mais largement occultée par les records en série de Wall Street depuis mardi, à s'avoir l'inflation.
Et l'étrange indifférence des investisseurs aux 3,8% du CPI mardi, aux 6% du PPI mercredi, aux 7% des prix à l'import (en rythme annuel depuis le 1er janvier) semble soudain basculer : une brusque prise de conscience propulse le "10 ans" de 13Pts vers 4,587%, le "30 ans" de 10Pt vers 5,114% (le niveau le plus élevé pour cette échéance depuis août 2007), le "2 ans" de 9Pts vers 4,082%.
Et pour ne rien rien arranger, les chiffres du jour traduisent une robustesse inattendue de l'activité (peut-être en anticipation de la hausse des matières premières) : la production industrielle américaine a augmenté de 0,7% en avril, après avoir reculé de 0,3% en mars (consensus à 0,3%).
Le taux d'utilisation des capacités de production est de 76,1%, contre 75,8% attendu après 75,7% le mois précédent.
En outre, l'activité des entreprises manufacturières "Empire state" a fortement augmenté dans l'Etat de New York en mai, selon la Fed de New York, dont l'indice général des conditions économiques a grimpé de neuf points pour atteindre 19,6, son niveau le plus élevé depuis plus de quatre ans, alors que les nouvelles commandes et les livraisons ont considérablement augmenté pour le 2e mois consécutif.
La cote d'alerte est plus que franchie aux Etats Unis et le dossier "taux qui flambent" sera sur le bureau de Kevin Warsh dès lundi !
La contagion du stress inflationniste a également déferlé ce vendredi à travers toute l'Europe et cela prend des proportions dantesques outre-Manche, avec des "Gilts" qui rajoutent 20Pts à 5,1870% alors que le maintien de Keir Starmer à son poste semble non seulement très "compliqué" mais contreproductif pour les créanciers du Royaume Uni.
Liz Truss avait été littéralement démissionnée d'office par les marchés obligataires il y a 4 ans, quand les taux longs US avaient atteint un "niveau de crise" à... 4,50% (octobre 2022).
Alerte rouge également en zone Euro où toutes les résistances moyen et long terme volent en éclats : le Bund flambe de 12Pts à 3,1680%, nos OAT de 15Pts à 3,967%, les BTP italiens de 17Pts à 3,952% (ils "égalisent" pratiquement avec nos OAT).
Bilan de la semaine 27Pts pour les "Gilts", 24,5Pts pour nos OAT, 18Pts pour les Bunds.
Enfin, c'est le, chaos sur les taux longs nippons : le "10 ans" japonais est à 2,73%, le "15 ans" à 4,05%, le "30 ans" à 4,03/4,08%, le "40 ans" à 4,25%.
La reprise des cotations lundi va être "chaude", à moins que de merveilleuses nouvelles en provenance du Golfe ne viennent calmer les angoisses inflationnistes.
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